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Depuis vingt ans, le Fonds d’Aide à l’Initiative Rock (le FAIR) a pour vocation d’aider les artistes au démarrage de leur carrière. La tâche est immense, tant le monde de la musique est rempli de branleurs pleins de bonne volonté mais à moitié cons. Voici comment ça se passe.
Alors, les musiciens, écoutez bien. Il faut commencer par remplir un dossier. Vous avez un stylo ? Chaque année, environ quinze dossiers sont acceptés par le comité de sélection. Ensuite, le FAIR :
- File un peu de blé aux lauréats pour se payer du matériel
- Offre un stage de formation au manager (pour qu’il arrête de bosser comme un manche)
- Réalise un CD compilation et le distribue aux «professionnels» de la musique. Bref, le kit pour bien démarrer dans la vie.
Financé par le Ministère de la Culture, cet organisme a ainsi permis à un nombre hallucinant d’artistes de mettre un pied dans le monde merveilleux de la culture subventionnée : NTM, Renan Luce, la Rumeur, Cali, la Caution ou Caravan Palace… A se demander si le FAIR ne devrait d’ailleurs pas offrir un miroir aux lauréats, pour qu’ils se regardent de temps en temps. Parce que franchement, remplir un dossier de demande de sub pour ensuite aller chanter Nique la Police, c’est quand même la honte.
La compilation du FAIR 2010 est arrivée ces jours ci. Elle permet d’identifier trois grandes familles d’artistes dans ce pays : les Bisounours, les dépressifs et les mauvais Français. Et sinon, c’est bien comme musique ?
Les Bisounours s’appellent Féloche, Jill is Lucky ou Mélanie Pain. Ils sont tous sympas. Nous avons ensuite les dépressifs (qui représentent un bon quart de la sélection). Dans cette famille, on remarque Koumekiam, jeune artiste lyonnais qui broie du noir comme personne, Ben Mazué, qui a besoin d’une gonzesse, lui, ça crève les oreilles, Orelsan (stupide) ou Nouvel R (stupide et mal écrit). Nous avons enfin les mauvais Français. Ils s’appellent In the Club, Mustang, Revolver, Pony Pony Run Run. Leur nationalité est leur sacerdoce. Ils ont tous biberonné au rock US et à la pop anglaise, ça pique le nez tellement ça sent fort. C’est dans cette famille qu’on trouve les titres les plus tolérables de la compile.
C’est tout ? Non il y a Sexy Sushi aussi. Sexy Sushi, pour faire court, est un duo parisien constitué d’un mec à perruque et d’une gonzesse à bloc. Ils signent sur cette compilation un excellent « Rachida ». Ce titre, pour ne pas dire cet hymne, met en scène la goudou parisienne de base qui se tartine la biscotte alors qu’elle se fantasme en train d’humilier « Rachida, mon p’tit chat », la biatch rebeu ultime qui n’a besoin que « d’un doigt » pour dicter la justice de son pays. Du grand art.
La compile du Fair s’écoute ici : http://www.lefair.org/blog2009/?cat=14
Sexy Sushi habite là : http://www.myspace.com/sexysushimusic
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