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Ces jours-ce, le village de Rennes-le-Château fait parler de lui : trois chercheurs revendiquent la découverte dans ses environs de l’entrée d’une grotte qui mène au trésor des Wisigoths. Nouvel épisode autour d’un mystère qui a engendré plus de cinq cent bouquins, dont le Da Vinci Code. J’ai participé en 2003 à un de ces livres autour de Rennes-le-Château. en suivant Rat Scabies, le batteur des Damned, dans sa recherche du Saint Graal. On n’a rien trouvé.
“Rat Scabies and the Holy Grail » a pour lui, ce qu’on appelle un titre qui claque. Rat Galleux et le Saint Graal ? Il s’agit d’un bouquin où le journaliste Chris Dawes suit Scabies, le batteur des Damned, à la recherche de nouveaux indices sur la trace du trésor de Rennes-le-Château.
Voici en résumé l’histoire : En 1891, l’Abbé Saunière du village de Rennes-le-Château trouve un parchemin dans une pierre creuse de son église. Il devient alors très riche. il tente de dealer avec le Vatican une partie du secret qu’il a trouvé, on le lourde de l’Église. Fin du bal. De là, les chercheurs pensent que Saunière a mis la main sur la tombe de Marie, la tombe du Christ, le trésor des Wisigoths, les parchemins de Marie-Madeleine, le trésor des Templiers, le trésor des Cathares, le trésor de la Reine Blanche ou le Trésor de Jerusalem. Ou peut être le Saint Graal.
Rat Scabies baigne dans cette histoire depuis tout petit, puisque son père, John Millar a créé dans les années 70 l’association anglaise des tarés de Rennes-le-Château (the Saunière Society) en compagnie de l’écrivain Henry Lincoln. Ça doit marquer. Lincoln, c’est l’expert de Rennes-le-Château, le monsieur je-sais-tout du mystère, un théâtreux de première. Un type qui est entré à la BBC en sa qualité d’acteur Shakespearien dans les années 60 puis a réussi à convaincre la chaîne anglaise de lui financer de longues recherches sur Rennes-le-Château. Bilan : « Le Trésor perdu de Jerusalem », un reportage de trois heures où Lincoln explique, compas à la main et théories hallucinantes débitées en rafales, pourquoi il y a un trésor à Rennes-le-Château. Les Anglais, ça les a scotchés. Je défends même que les Monty Python ont imaginé leur film «Sacré Graal» comme une parodie de cette émission fumante. Henry Lincoln résumera ensuite tout ce qu’il sait sur le sujet dans le livre « Holy Blood Holy Grail ». Un carton d’édition. C’est via ce livre que les Anglo-Saxons vont découvrir Rennes-le-Château et se passionner pour le mystérieux abbé Saunière.
En 1989, Stewart Copeland, le batteur de Police, bouleversé par la lecture du bouquin de Lincoln écrit un opéra intitulé « Holy Blood ». Oui, c’est curieux comme phrase, le batteur d’un groupe de rock lit un livre et en fait un opéra. C’est créé avec l’orchestre de Cleveland et c’est un échec. Quelques années plus tard, c’est l’écrivain Dan Brown qui va faire les yeux doux au même bouquin. Il écrira son Da Vinci Code en pompant des parties entières du travail de Lincoln. L’affaire entre les deux hommes s’est ensuite arrangée devant les tribunaux, Lincoln a pris un chèque au passage, on est content pour lui.
Ce qui nous éloigne de Rat Scabies. Ce type, il faut bien le reconnaitre, ne fout pas grand chose de sa vie depuis 1976 où il a intégré les Damned et enregistré ce qui est officiellement le premier disque punk sorti au Royaume-Uni : New Rose. Quelques collaborations pas convaincantes (avec Joe Strummer, il a fait la musique du film Grosse Pointe Blank… refusée par Disney, avec des ex Gorfathers il a monté The Germans, échec), des tentatives de production jamais rentables (récemment les Anglais de Fliptron, les américains de Glass Heroes), Rat Scabies, pas qu’il soit méchant, mais franchement, c”est un peu un looser. Là-dessus, son voisin et journaliste Chris Dawes lui propose un road trip à travers l’Europe à la recherche des derniers rebondissements dans l’affaire de Rennes-le-Château. Le papa du batteur, justement, organise à Rennes-le-Château une conférence avec son vieux copain Lincoln et d’autres chasseurs de trésor, c’est sûr, on va apprendre plein de choses.
Au bout de deux ans, Dawes et Scabies ont une idée pour financer leurs recherches, ils mettent 20% du Saint Graal en vente sur Ebay. Il s’agit d’un bout de carton où est écrit « le possesseur de ce document détient 20% du Saint Graal». Leur argument est qu’ils sont assez forts sur le sujet maintenant, qu’ils ont quelques pistes sérieuses et donc, qu’à part un léger problème de cash, ils sont tout près de trouver le Saint Graal. Les avocats d’ebay font enlever l’annonce.
Le livre, « Rat Scabies and the Holy Grail » sortira en 2005 en Angleterre puis en Allemagne, aux USA et en Russie. Il est présenté à peu près partout comme « Le Da Vinci Code Punk ». Ça n’est pas tout à fait faux. J’ai suivi les deux Anglais dans la partie française de leur voyage. Voici quelques images issues de ces reportages.
R.B. juillet 2011
à gauche, de bas en haut :
Tombe de Béranger Saunière, Asmodée à l’entrée de l’église de RLC; entrée du cimetière de RLC, Henry Lincoln (2004), Rat Scabies et ses parents (2004), tour Magdala de nuit (RLC 2007), Détail du cimetière de RLC.
Ci-dessous “Rat Scabies and the Holy Grail” – Christopher Dawes (Running Press 2005)
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Felicitations pour cet article, vous écrivez trés clair, egalement trés subtil. Rats S est un homme special, il adore la fascination des mystères. Comment l'imagination du monde est capturé . . une question interessante.
Rédigé par : Val | 10 août 2011 à 07:35