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Été 2011, je rencontre Pierre Pitiot, un vigneron du Beaujolais qui, ça se comprend vite, a une conception assez noble de son travail. C’est sans chimies mais avec amour qu’il bichonne le Domaine de l’Astrolabe à Bully. Ce garçon ne serait pas hostile à l’idée de faire de son vin un manifeste politique, un acte d'amour envers la République. "Un beaujolais anti-Sarkozy tu veux dire ? Une cuvée qu'on appellerait fucks@rkozy.com , ça te dirait ?”. Voilà comment tout a commencé. Trois mois plus tard, rendez-vous à la fraîche pour les premiers coups de sécateur dans les grappes en pensant bien fort à notre Président. Reportage
3 septembre 2011, Domaine de l’Astrolabe, huit heures du matin. Une équipe de vendangeurs prend le café dans les vignes. Pierre Pitiot explique, non sans poésie, que nous sommes cent jours après la floraison et que c’est Dame Nature qui a décidé de la date des vendanges. Les nez sont dans les cafés, les troupes écoutent sans se déconcentrer. Il y a quatre parcelles, soit environ un hectare à vendanger, avec dans le viseur la barre des trois tonnes de came en fin de journée.
Le problème avec les vignes non traitées, c’est qu’elles donnent moins. Elles donnent meilleur, mais elles donnent moins. Ces quatre parcelles à vendanger ne sont plus nourries à la chimie lourde depuis deux et trois ans. C’est au bout de quatre ans que le vigneron pourra utiliser l’appellation Bio. Pour l’instant, la vigne est en conversion Bio. C’est un peu l’équivalent de la rehab chez les junkies.
La journée finit par de l’escalade dans une parcelle bien verticale où des vignes centenaires ont quelques grappes à offrir. C’est au mental que se terminent donc ces vendanges. Il n’y a pas de rangs, nous tournons autour de ces bidules qui ressemblent à de la liane à la recherche de quelques grains. On remballe enfin, direction la cave. Verdict, trois tonnes.
Pour lancer la fermentation du jus de raisin et le transformer en vin, sans soufre, il faut qu’il soit en contact avec les levures indigènes présentes sur la peau du raisin. Ça a l’air technique comme ça, mais dans les faits, il suffit de piétiner le raisin en allant faire le con en slip dans la cuve pour enclencher le processus.
Deux précisions pour ceux qui se demandent : oui, on se lave les pieds et les jambes avant d’aller piétiner le raisin et non, on n’a pas les parties génitales en contact avec les grappes.
L’étiquette est réalisée par Luz. Ce pilier de Charlie Hebdo a récemment pris la décision de ne plus dessiner Sarkozy, ayant l’impression d’être tombé dans une sorte de routine avec le Président : « Je prenais un papier, je faisais une paire de sourcils en circonflexe et hop c’était parti… ». L’étiquette représente un personnage qui se prend une barrique en plein pif. Certes on devine le Président mais Luz ne l’a pas pour autant dessiné. Un discret fucks@rkozy.com souligne l’œuvre, c’est simple, beau, classique.
Le vin sortira sous l’appellation "Vin de France MMXI", vin de table produit dans le Beaujolais, cépage Gamay. Trois mille bouteilles seront disponibles fin novembre au prix unitaire de 8,50€. Pour simplifier la distribution, des fêtes seront organisées dans quelques villes (Lyon, Paris etc.) en décembre 2011. Pour réserver des bouteilles, écrire à fucks@rkozy.com ou faire un tour au domaine : http://www.domaineastrolabe.com/millesime-2011/10-vin-de-france-mmxi.html
R.B.
De haut en bas : Illustration de Luz photos dans les vignes, photo dans la cuve. Bully, 3 septembre 2011. Richard Bellia ©
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charmante histoire :)
bravo Pierre!
Rédigé par : Flore | 16 septembre 2011 à 12:53